Friedrich Reinhold KREUTZWALD
 
JE TE SALUE, MATIN

Je te salue, matin,
Et vous, rosée, air de l’été,
Bruissement doux de la forêt,
Et toi, voûte du ciel d’azur !
Dites-moi, délicates fleurs :
Fleurissez-vous pour moi ?
Répondez-moi, beaux oiselets :
Est-ce pour moi que vous chantez ?

Qui donc répond à mon salut,
Les soirs d’été, dans la rosée ?
Qui regarde, quand je soupire,
Ce que j’ai au fond des yeux.
Qui donc me dit : Ô fleur,
C’est pour moi que tu dois fleurir ?
Qui me demande quand je chante :
Ce chant est-il pour moi ?

Calme-toi donc mon cœur
Que nul n’a jamais salué !
Entonne des chants d’allégresse
Même si rien ne t’y oblige !
La fleur ne désire qu’éclore,
L’oiseau ne chante que pour lui,
Alors fleuris et chante aussi
Seulement pour toi-même !

(1864)

Voir le texte estonien

Traduit de l’estonien par Antoine Chalvin