Johannes Semper

Après des études diverses à Saint-Pétersbourg, Moscou et Berlin, JOHANNES SEMPER (1892-1970) réside quelque temps à Paris (1926-1927), puis soutient en 1928 une thèse sur « la structure du style d'André Gide ». Jusqu'en 1940, il enseigne la stylistique et l'esthétique à l'université de Tartu, tout en exerçant, à partir de 1930, les fonctions de rédacteur en chef de la revue Looming. Membre du parti communiste de 1940 à 1950, il en est exclu pour « nationalisme bourgeois », avant d'être réintégré en 1958. Sous le régime soviétique, il occupera à plusieurs reprises de hautes fonctions politiques et administratives (ministre de l'éducation, président de l'Union des écrivains, membre du présidium du soviet suprême).

Ses premiers poèmes paraissent en 1911 dans les publications du groupe Noor-Eesti. Il participe ensuite aux groupes Siuru (1917-1920) et Tarapita (1921-1922). Sa poésie comme sa prose (nouvelles et romans) épousent les courants et les méthodes qui incarnent en Estonie, à différentes époques, la « modernité » littéraire : néo-romantisme (recueil de poèmes Pierrot, 1917), expressionnisme, psychologie des profondeurs (roman Jalousie, 1934), réalisme socialiste...

Johannes Semper a publié également des récits de voyage, des pièces de théâtre et des essais, dont le plus célèbre est probablement L'esprit français (1934), ouvrage dans lequel il analyse les caractéristiques de l'esprit français en le comparant à l'esprit estonien.

Tout au long de sa vie, il a déployé une importante activité de traduction, notamment à partir du français (Hugo, Daudet, Zola, Stendhal, Verhaeren...).

A.C.