Gustav SUITS 

 

LA FIN ET LE COMMENCEMENT

Le sentez-vous : la terre tremble !
Entendez-vous : le sang rugit !
Maintenant, c’est oui ou non !
La mer déjà couvre les côtes.
        Tenez-vous prêts !

Nous sommes là, aux portes de deux mondes :
l’un est l’obscurité et l’autre la lumière.
Jeunes gens aux yeux brillants, nous attendons :
et cela vient : la fin et le commencement !
         Il était temps !

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MON ÎLE

Je rame et rame sur la mer,
        à la recherche d’une île.
Voici déjà longtemps que je l’espère
        sur les flots vastes et tranquilles.

Il y a sur l’onde infinie
        bien des îles et des ports.
Mais mon bel îlot, mon si joli rêve,
        je ne l’ai point trouvé encor.

Je rame et roule sur la mer,
        comme moi roulent les flots,
très haut dans le ciel ondoient les nuages —
        toujours je cherche mon îlot.

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LE TEMPS DE LA JEUNESSE

Il y a le temps de rire et celui de pleurer,
le temps pour essuyer ses larmes.
Le temps fixé pour vivre et pour mourir,
et le temps pour dormir sous la terre noire.

Mais quel est le temps de la jeunesse ?

Ce n’est pas celui de jeûner ni de supplier,
ni de se faner en se fatiguant l’âme :
c’est le temps de fleurir, de goûter le bonheur —
et de s’accrocher au cou d’un être aimé.

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DIRECTIVE

Celui dont le lot est de briller comme un soleil,
qu’il brille sur le monde entier !
Celui dont le devoir est de frapper comme la foudre,
qu’il frappe fort et sans pitié !

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LE PRINTEMPS ET L’AUTOMNE

Tu es l’enfant insouciante du printemps —
le printemps même.
Je suis le fils du ténébreux automne —
l’automne même.

Mais je désire le printemps.
Je tends les mains vers toi,
printemps ! — et tu ne t’enfuis pas,
tu tombes dans mes bras.
Printemps et automne — embrassons-nous :
de nos baisers naîtra l’été.

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CHANSON D’AUTOMNE

La terre est noire et le ciel gris.
Il pleut, il pleut à l’infini.

La brume noie mes volontés.
Cœur malade, esprit hébété.

Ah si la pluie pouvait cesser !
la brume au vent se disperser !

Mais le temps se couvre en silence.
Le jour prend fin, le soir s’avance.

Où donc finira le chemin ?
Noire et profonde, la nuit vient.

S’il y avait au moins une étoile qui luit !
Si encore on voyait le bout de cette nuit !

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Traduit de l’estonien par Antoine Chalvin