Joel SANG
 

Quelque part sur une plage déserte
je me souviens de toi
toi et moi des baleines échouées sur le sable chaud
toi lisse et bleue éblouissante
et moi fou aveugle de chaleur
je te saisis et ce n’est que le sable
mais déjà je te retrouve
plongée dans l’eau verte
enroulée dans le varech
flottant au-dessus des rochers
tu glisses froide et salée
au fond de l’eau tu m’enlaces
mais soudain le souffle me manque
je remonte et tu t’enfuis
tu scintilles à l’horizon le temps d’un éclair
avant de t’élancer voltigeante
au-dessus de la mer

voilà sur la plage déserte
je me souviens de toi
éblouissante jeune et claire
tes seins si doux me consolent la nuit
mais ce n’était que la mousse humide

Traduit de l’estonien par Vahur Linnuste