Triin SOOMETS

 
Si j’existe, alors je suis une trace
ou des pas sur le sable
ou un fleuve
qui ne parvient pas
à atteindre la mer tout entier
ou la faim
de quelque chose qui
ne pousse nulle part
 
* * *
 
en réalité je suis un chemin
mais je ne sais pas qui me parcourt
ni où je conduis
je n’en ai pas besoin
 
* * *
 
fais de moi un oiseau
façonne-moi de tes deux mains
un beau bec et des ailes solides
puis laisse-moi m’envoler
pour que je puisse
environ une fois par semaine
venir me poser sur ton épaule
le regard fatigué
 
* * *
 
aucun chemin ne conduit jusqu’à toi
dans un autre monde possible
nous ne sommes qu’une seule phrase

Traduit de l’estonien par Antoine Chalvin